La boutique ‘FagotTOf’ de la Mariapolis Vita

Decourvrons cette expérience d’économie circulaire active dans la cité-pilote des Focolari de Belgique, près de Bruxelles

  1. De quoi s’agit-il ?

Le ‘FagotTOf’ est une petite boutique d’économie circulaire où on partage son superflu et ses besoins, comme dans une famille. Donner gratuitement et recevoir gratuitement y ont la même valeur.

  1. Origine

Quand il y a quatre ans nous nous sommes retrouvés avec les habitants de la ‘Mariapolis Vita’, et que nous avons lu la ‘Parole de vie’ (un commentaire à un verset biblique) de ce mois-là, nous étions frappées par une phrase de Basile le Grand, un évêque du quatrième siècle : « (citation de mémoire) ce qui reste dans ton armoire sans que tu l’utilises, cela appartient au pauvre ». Ainsi nous avons commencé à rassembler le superflu et à le partager avec les plus démunis, d’abord parmi nous puis nous avons élargi le cercle, comme des frères et sœurs d’une grande famille. Après quelque temps il fallait un endroit où déposer et exposer les vêtements et objets variés. C’est alors qu’Ed a mis à notre disposition une pièce de sa maison et nous a donné un coup de main, surtout dans l’accueil des visiteurs.

  1. Pourquoi le nom ‘FagotTOf’?

Au début, pendant la guerre, Chiara s’est mise à vivre l’Evangile avec radicalité et elle a suscité la communion des biens : en italien on appelait cela faire le ‘fagotto’», càd. que chacun rassemblait sur un tas ce dont il n’avait pas besoin, pour le mettre à la disposition des nombreux pauvres de l’époque.

Nous avons ajouté la parole « tof » qui en néerlandais signifie « super ». Une initiative qui fait naître la joie. Et cela se reflète dans les nombreux petits faits auxquels nous assistons au jour le jour.

Un jour des ados entre 9 et 14 ans qui faisaient une formation sont passées au FagotTOf.

Nous leur avons raconté l’histoire de la boutique où chacun est heureux de trouver ou de donner quelque chose. « Oh, dit l’une d’entre elles, j’espère trouver une loupe pour ma sœur qui est malvoyante ». Quand en entrant elle aperçoit une loupe sur les étagères, elle n’en croit pas ses yeux ! Quelle joie ! Nous disons : « Maintenant, cherchons ensemble ce qui peut te servir à toi ». Elle essaie un pull bien chaud qui lui va à merveille. « Dommage ! les manches sont un peu trop courtes… elles sont trop courtes, n’est-ce pas ? » Mais non, disent les amies, c’est la mode aujourd’hui », et elles la convainquent. Une autre : « Je peux vraiment prendre quelque chose qui me plaît, sans le payer ? » « Si cela te sert, bien sûr !  et puis ce sera ton tour de donner quelque chose à quelqu’un qui en a besoin ». Et elle ajoute : « Si je reviens ici, je parcourrai mon armoire avec maman et … ce qui est encore beau et que je ne mets plus, je l’apporte! » Elle est partie avec une casquette blanche, toute fière. Et sa grand-mère nous dit par la suite qu’elle la met tous les jours.

Elles sont toutes parties heureuses, fortes de l’expérience de partage qu’elles ont vécue.

Un jour, alors qu’Ingrid et moi travaillons à la boutique, une dame arrive avec son amie.

La dame était déjà venue au FagotTOf et a montré à son amie un lit pour enfants dont elle a besoin. L’amie a apporté quelque chose de très précieux : une série de livres de son père qui décrivent les tapis d’Anatolie (Turquie). Un livre pour experts. Je pense tout de suite à une de mes amies dont le conjoint est un fin connaisseur de la Turquie. Le jour après que j’ai donné le livre à cette amie, j’ai son conjoint au téléphone. « Lieve, comment te remercier, grâce à ce livre je peux distinguer les vrais tapis des faux ». Il fait en effet le guide touristique en Anatolie. Quand pendant l’année il y a un besoin, nous pouvons compter sur lui pour effectuer de menus travaux techniques.

Une vraie économie circulaire !

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